Critique

Titanic

IMDb 7.7 / 10
Allociné 4.9 / 5
Rotten T. 89%
Critique
Affiche de Titanic

Titanic

Titanic, en 1997, regarde le naufrage du paquebot comme une mécanique sentimentale entre classes sociales, jeunesse amoureuse et catastrophe annoncée, sous la direction de James Cameron. Leonardo DiCaprio, Kate Winslet, Billy Zane, Kathy Bates, Frances Fisher, Victor Garber et Gloria Stuart s’y débattent dans une production devenue tellement gigantesque qu’elle semble avoir avalé sa propre critique avec les icebergs. DiCaprio, encore libre, mobile, presque insolent, apporte une belle énergie ; Winslet donne au film une densité affective plus robuste ; Cameron, après Aliens et Terminator 2, met son génie logistique au service d’une entreprise qui adore se présenter comme le mariage parfait du spectacle et de l’émotion. Et c’est justement là qu’on commence à se méfier.

1997 est aussi l’année de la mort de Diana, événement mondial où le deuil médiatique devient spectacle collectif. Le voisinage historique n’est pas anodin : Titanic sort dans une époque fascinée par les grands récits de perte, de glamour et de tragédie publique consommée à l’échelle planétaire. Le film comprend cela avec une précision terrifiante. Il ne montre pas seulement une catastrophe ; il orchestre la manière dont une catastrophe devient souvenir universel. Admirable, bien sûr. Et un peu manipulateur.

Le problème n’est pas la puissance visuelle ni même la sincérité de certaines scènes. Le problème, c’est que Cameron dose tout avec un savoir-faire si total qu’on sent parfois la pompe émotionnelle avant la vague. Le film veut vous bouleverser, vous écraser, vous faire croire qu’il vous parle d’amour et de classe et de mort en même temps, et il y parvient souvent. Mais cette réussite a quelque chose de sur-ingénieré, comme un paquebot de larmes parfaitement optimisé.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un morceau de faux iceberg aurait été isolé après qu’un machiniste l’eut surpris en train de flotter avec “une arrogance structurelle incompatible avec l’humilité du drame”.