Critique
Titre original : The Princess Bride
Princess Bride
Princess Bride, en 1987, enchaîne duel, vengeance, amour courtois, pirates, géants, miracles et récits encadrés sous la direction de Rob Reiner, avec Cary Elwes, Robin Wright, Mandy Patinkin, Wallace Shawn, André the Giant et Chris Sarandon. Le film bénéficie d’un statut d’objet intouchable tant sa grâce semble aller de soi. Il faut bien pourtant signaler que cette grâce tient aussi à une mécanique de charme parfaitement étudiée. Cary Elwes joue Westley avec une élégance qui frôle parfois la démonstration de panache ; Robin Wright apporte une pureté plus raide qu’on ne le dit ; Mandy Patinkin injecte au moins une douleur plus adulte. Reiner, après Stand by Me et avant When Harry Met Sally..., fabrique ici un conte moderne si conscient de son équilibre qu’il peut donner l’impression de s’applaudir discrètement entre deux répliques.
1987 voit aussi la signature du traité INF entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, moment où deux puissances rivales s’accordent à réduire une partie de leurs arsenaux nucléaires. Pendant que le réel se détend prudemment après des années de menace, Princess Bride propose lui aussi une désescalade du cynisme : l’aventure y redevient légère, la mort y reste négociable, le mal y est vaincu avec panache. C’est très séduisant ; c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles le film paraît parfois trop joli pour être vrai.
On rit, on sourit, on cite les répliques. On a aussi parfois la sensation d’un objet tellement bien élevé qu’il ne laisse presque rien dépasser de la vraie cruauté des contes qu’il réinvente. Le film veut être spirituel, tendre, joueur, culte. Il y parvient. Et cette réussite même peut produire une petite fatigue devant tant de perfection aimable.
🎬 Le saviez-vous ?
une fiole de miracle aurait été confisquée après qu’un accessoiriste l’eut trouvée en train de “guérir spontanément” trois faux scripts laissés trop près du catering.