Critique

Aladdin

IMDb 8.0 / 10
Allociné 4.4 / 5
Rotten T. 95%
Critique
Affiche de Aladdin

Aladdin

Aladdin, en 1992, transforme la fable orientalisante du conte en déferlante de couleurs, de chansons et de métamorphoses comiques sous la direction de Ron Clements et John Musker. Scott Weinger, Linda Larkin, Jonathan Freeman et surtout Robin Williams prêtent leurs voix à une machine Disney devenue si parfaitement irrésistible qu’elle interdit presque toute réserve. Robin Williams, formidable, improvisateur hors norme, emporte le film comme un orage de références et de virtuosité. C’est justement ce qui finit par poser problème : le Génie dévore presque tout, comme si le studio avait trouvé la formule absolue pour transformer une performance en argument industriel. Clements et Musker, après The Little Mermaid et avant Hercules, peaufinent ici une architecture de divertissement qui ne laisse pratiquement aucun angle mort.

1992 est l’année des Jeux olympiques de Barcelone, moment de vitrine mondiale, de modernité joyeuse, de diplomatie par le spectacle. Aladdin fonctionne exactement comme cela : un monde mis en scène pour plaire à tous, fait de vitesse, d’éclat, de charme et de simplification culturelle soigneusement emballée. Le film gagne évidemment en efficacité ce qu’il perd en épaisseur. L’orient de carton-pâte y est moins un lieu qu’un décor extrêmement performant.

Le résultat reste brillant, drôle, musicalement redoutable. Pourtant cette brillance a un coût : tout y est si bien pensé pour séduire qu’on sent très nettement la main du studio dans chaque miracle. L’enchantement, ici, ressemble parfois à une opération d’excellence planifiée. On aime ; on se sent aussi remarquablement bien guidé.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un tapis volant d’essai aurait refusé de décoller pendant trois heures, exigeant qu’on lui fournisse “une motivation narrative plus digne de son port de tête”.