Critique

Le Seigneur des anneaux : les deux tours

Titre original : The Lord of the Rings: The Two Towers

IMDb 8.7 / 10
Allociné 4.0 / 5
Rotten T. 95%
Critique
Affiche de Le Seigneur des anneaux : les deux tours

Le Seigneur des anneaux : les deux tours

Les Deux Tours, en 2002, poursuit la dispersion et la convergence des trajectoires au sein de la Terre du Milieu : Aragorn, Legolas et Gimli galopent vers le Gouffre de Helm, Merry et Pippin croisent les Ents, tandis que Frodon et Sam s’enfoncent avec Gollum dans une mission qui ressemble déjà à une longue maladie. Peter Jackson dirige Elijah Wood, Ian McKellen, Viggo Mortensen, Sean Astin, Andy Serkis, Bernard Hill et une foule de silhouettes héroïques avec une maîtrise industrielle que l’on continue de confondre avec une pure grâce. Le film est souvent célébré comme le sommet martial de la trilogie ; il ressemble aussi à l’instant où la machine Jackson découvre à quel point elle peut gagner par accumulation. Andy Serkis apporte, de loin, la matière la plus vivante ; Sean Astin donne au récit un poids affectif très utile ; le reste avance avec une noblesse parfois un peu fonctionnelle, comme si le mythe, désormais sécurisé, n’avait plus qu’à dérouler ses registres.

2002 est aussi l’année où l’euro entre en circulation dans une grande partie de l’Europe. Le continent se dote alors d’une monnaie commune, c’est-à-dire d’un immense effort de coordination entre histoires, langues et intérêts divergents. Les Deux Tours propose lui aussi un monde de peuples distincts qu’il faut aligner vers une cause commune, sauf qu’ici l’unification est toujours beaucoup plus photogénique que dans les banques centrales. Le parallèle est absurde, donc précieux : il rappelle que le film excelle à faire passer la coalition pour une émotion immédiate.

Le spectacle est d’une maîtrise redoutable, mais cette maîtrise finit par devenir son propre sujet. Chaque bloc narratif semble conçu pour nourrir la sensation d’ampleur, parfois au détriment de la respiration. On admire l’architecture, les masses, l’élan. On peut aussi ressentir une légère fatigue devant cette certitude épique qui ne laisse presque jamais l’aventure se salir vraiment. Le film gagne sans cesse en grandeur ; il perd parfois en fragilité.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un casque du Rohan aurait été placé dans un coffre sombre après avoir refusé de “mourir dignement au troisième rang” sans un arc émotionnel complémentaire.