Critique
Titre original : The Terminator
Terminator
Terminator, en 1984, envoie un tueur mécanique venu du futur éliminer Sarah Connor avant la naissance de l’enfant qui mènera la résistance humaine. James Cameron dirige Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Michael Biehn, Paul Winfield et Lance Henriksen avec une sécheresse de série B armée jusqu’aux dents. On célèbre souvent le film comme l’instant exact où l’action, la SF et l’horreur se sont soudées dans une pure trajectoire. Très bien. Mais cette pureté tient aussi à une brutalité de trait presque primitive. Schwarzenegger, en machine de mort, a trouvé le rôle qui justifie son manque relatif de nuance ; Linda Hamilton apporte une terreur très droite ; Biehn donne au récit une énergie beaucoup plus humaine que sa réputation de simple “mâle protecteur” ne le laisse croire. Cameron, qui deviendra le grand architecte de l’action high-tech, travaille ici avec une sécheresse efficace, mais aussi avec une absence presque fière de subtilité.
1984, c’est aussi l’année où Orwell revient partout dans les discours publics comme symbole commode d’un futur surveillé et inhumain. Terminator profite évidemment de cette ambiance, mais il la simplifie avec une intelligence de marteau : la peur de la machine devient un homme énorme en cuir qui vous tire dessus au centre-ville. C’est formidablement concret. C’est aussi la victoire absolue du concept sur toute complexité véritable.
Le film avance à une vitesse admirable, sans bavure inutile. Il ne laisse pourtant presque aucune place à l’ambiguïté, comme si l’efficacité narrative devait suffire à tout. On reste saisi, tendu, diverti. On se dit aussi qu’un film devenu si culte pour son dépouillement finit par bénéficier d’une indulgence quasi religieuse pour sa raideur même. La machine tue ; le mythe, lui, protège très bien ses propres défauts.
🎬 Le saviez-vous ?
une prothèse métallique de bras aurait réclamé un coach d’intentions après avoir jugé “insuffisamment motivé” son rapport au destin technologique de l’humanité.