Critique

Blanche-Neige et les sept nains

Titre original : Snow White and the Seven Dwarfs

IMDb 7.7 / 10
Allociné 4.4 / 5
Rotten T. 98%
Critique
Affiche de Blanche-Neige et les sept nains

Blanche-Neige et les sept nains

Blanche-Neige et les sept nains, en 1937, ne cesse d’être présenté comme l’acte de naissance du long métrage d’animation moderne, ce qui lui vaut un prestige d’origine qui dispense trop souvent de le regarder pour ce qu’il est réellement : un objet de fondation, certes, mais aussi un film lourdement démonstratif dans sa volonté d’émerveiller. Walt Disney met en place une machine visuelle inédite, et l’on sent à chaque plan combien le studio veut prouver qu’il peut concurrencer le cinéma “sérieux” avec des chansons, des animaux appliqués et une princesse d’une docilité presque administrative. Adriana Caselotti prête à Blanche-Neige une innocence si totale qu’elle finit par ressembler à un programme vocal plus qu’à un personnage ; Lucille La Verne, en revanche, comprend beaucoup mieux le film en jouant la Reine et la Sorcière comme si elle venait saboter cette usine à pureté.

1937 est aussi l’année du bombardement de Guernica pendant la guerre d’Espagne. Le monde, pendant ce temps, découvrait que la modernité savait parfaitement produire de la destruction industrielle. Disney répond avec une forêt chantante et un cercueil de verre. Le contraste est presque indécent, mais révélateur : l’animation américaine naît dans une bulle d’enchantement au moment même où le siècle prouve qu’il ne mérite aucune berceuse.

Le film reste évidemment important, mais l’importance historique ne fait pas disparaître sa morale raide, son imaginaire social à l’hygiène douteuse et sa manière d’appuyer chaque émotion jusqu’à ce qu’elle devienne un panneau indicateur. On admire le geste inaugural ; on respire moins devant l’objet lui-même, tant il veut être irréprochablement merveilleux.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un nain de référence en bois aurait été mis à l’écart après avoir refusé d’exprimer la joie “dans le cadre tonal validé par les oiseaux syndicaux du plateau”.