Critique

Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain

Titre original : Amélie

IMDb 8.4 / 10
Allociné 4.4 / 5
Rotten T. 89%
Critique
Affiche de Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain

Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain

Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, en 2001, transforme Montmartre en machine à réparer les petites tristesses grâce aux initiatives d’une jeune femme timide interprétée par Audrey Tautou, sous la direction de Jean-Pierre Jeunet. Mathieu Kassovitz, Rufus, Jamel Debbouze, Yolande Moreau, Isabelle Nanty et Dominique Pinon composent autour d’elle un monde si soigneusement agencé qu’il semble parfois avoir été repassé à la vapeur sentimentale avant d’entrer dans le cadre. Audrey Tautou y est évidemment charmante, presque trop : son personnage ressemble parfois davantage à un concept de délicatesse qu’à une personne. Jeunet, après Delicatessen et La Cité des enfants perdus, troque sa cruauté baroque contre un enchantement urbain extraordinairement calibré. Il y gagne un succès massif ; il y perd aussi une part de sa rugosité.

Le film sort en 2001, année immédiatement fracturée par les attentats du 11 septembre. Le monde bascule brutalement dans une nouvelle ère d’angoisse géopolitique ; Amélie répond avec un Paris en boule à neige, peuplé de photomatons, de lampes douces et de tours de cuillère dans la crème brûlée. Le contraste explique en partie son succès : au moment où le réel devient brutalement intrusif, le film propose un refuge où même la solitude a des couleurs bien coordonnées.

Ce qui épuise un peu à la longue, c’est justement cette coordination totale. Chaque détail semble né pour vous attendrir correctement. Le film ne laisse presque rien au hasard, pas même l’impression de hasard. C’est un univers délicieux, oui, mais d’une délectation si continuellement organisée qu’elle finit par ressembler à un programme d’accueil émotionnel pour spectateur fatigué.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un nain de jardin de remplacement aurait refusé de quitter sa caisse de transport tant qu’on ne lui fournissait pas “un plan de voyage crédible vers des horizons symboliquement sous-exploités”.