Critique

Drive

IMDb 7.8 / 10
Allociné 4.4 / 5
Rotten T. 92%
Critique
Affiche de Drive

Drive

Drive, en 2011, suit un conducteur taciturne entre braquage raté, voisinage fragile, violence foudroyante et néon mélancolique, sous la direction de Nicolas Winding Refn avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Oscar Isaac, Christina Hendricks, Ron Perlman et Albert Brooks. Le film bénéficie d’une aura de cool absolu qui a fini par rendre son examen presque impossible. Ryan Gosling y joue l’absence avec une application telle qu’on finit parfois par regarder un concept de mutisme bien habillé plutôt qu’un être. Carey Mulligan apporte une douceur flottante très vite sanctifiée. Refn, après Bronson et Valhalla Rising, comprend parfaitement comment transformer le silence, la saturation colorée et les surgissements de violence en signature exportable. Le problème est qu’il se regarde un peu trop signer.

L’année 2011 est marquée par les révolutions arabes, Occupy Wall Street et une sensation mondiale de friction entre immobilité institutionnelle et explosions soudaines. Drive, lui aussi, organise cette logique : tout semble figé, presque vide, jusqu’au moment où la violence surgit d’un coup comme seule forme de vérité. Le film capte très bien ce climat nerveux. Il le fige aussi dans une imagerie tellement belle qu’elle finit par anesthésier sa propre brutalité.

Reste un objet d’un style impeccable, oui, mais un style parfois si autosuffisant qu’il transforme le vide en argument. On admire le blouson, les lumières, les silences, les gifles soudaines du montage. On peut aussi se demander si tout cela ne sert pas, au fond, à faire passer pour profonde une pose extraordinairement bien cadrée.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un blouson scorpion de remplacement aurait refusé d’être plié, affirmant qu’il “portait déjà trop de mythologie sur la fermeture éclair pour subir en plus l’humiliation du cintre”.