Critique

Spider-Man 2

IMDb 7.3 / 10
Allociné 4.6 / 5
Rotten T. 93%
Critique
Affiche de Spider-Man 2

Spider-Man 2

Spider-Man 2, en 2004, reprend Peter Parker à bout de forces, en panne de pouvoir et de vocation, face au docteur Octopus de Sam Raimi. Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Alfred Molina, James Franco, Rosemary Harris et J.K. Simmons composent un ensemble dont beaucoup parlent comme du sommet émotionnel du blockbuster super-héroïque pré-MCU. Il faut bien reconnaître que ce statut de meilleur élève protège le film d’une évidence : sa mécanique morale est d’une lisibilité presque scolaire. Tobey Maguire, avec son mélange de sincérité et de plomb dans les épaules, donne à Parker une mélancolie qui tient parfois de la punition prolongée ; Kirsten Dunst apporte davantage d’électricité ; Molina, excellent, comprend parfaitement qu’un grand méchant se joue autant à la tristesse qu’aux tentacules. Raimi, après Evil Dead et A Simple Plan, semble heureux de prouver qu’il peut mettre sa nervosité au service d’un grand récit de responsabilité. Il le prouve un peu trop.

2004 est aussi l’année du tsunami de l’océan Indien, catastrophe qui rappelle brutalement ce que signifie l’impuissance humaine face à la démesure. Spider-Man 2 travaille lui aussi cette peur de ne pas être à la hauteur, mais il la convertit en pédagogie du sacrifice individuel. Le monde réel, lui, ne vous donne pas toujours l’occasion de sauver un train avec la noblesse d’un gros plan humide. Le voisinage du film avec ce type d’événement rappelle à quel point Hollywood adore personnaliser ce que le réel disperse.

Le film est généreux, bien joué, spectaculaire. C’est justement ce qui le rend parfois un peu trop sûr de sa bonté. Chaque renoncement, chaque doute, chaque choix héroïque tombe à l’instant exact où le spectateur doit sentir sa gorge se serrer. On se laisse prendre, évidemment. On peut aussi repérer la précision presque pastorale avec laquelle Raimi vous guide vers la bonne émotion.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une tentacule mécanique aurait été suspendue du planning après avoir réclamé “un temps de repos psychologique pour gérer l’usure morale des métaphores du fardeau”.