Critique

Spotlight

IMDb 8.1 / 10
Allociné 4.0 / 5
Rotten T. 97%
Critique
Affiche de Spotlight

Spotlight

Spotlight, en 2015, suit l’équipe d’investigation du Boston Globe enquêtant sur les abus sexuels dans l’Église catholique et sur les mécanismes de silence qui les ont protégés. Tom McCarthy y dirige Mark Ruffalo, Michael Keaton, Rachel McAdams, Liev Schreiber, John Slattery, Stanley Tucci et Brian d’Arcy James avec une sobriété si parfaitement calibrée qu’elle a rapidement été prise pour de la vertu à l’état pur. Mark Ruffalo, tout en agitation tendue, frôle parfois la démonstration de probité journalistique ; Keaton apporte une fatigue plus juste ; McAdams reste très fine ; McCarthy, après The Visitor, choisit l’effacement méthodique comme esthétique. On l’a beaucoup félicité pour cette discrétion. Peut-être un peu trop.

Le film sort l’année où le pape François ouvre un Jubilé extraordinaire de la miséricorde, alors même que l’Église continue d’être travaillée par la question des abus et de leur traitement institutionnel. Spotlight se glisse dans ce moment avec une efficacité redoutable : il rappelle que la compassion proclamée ne vaut rien sans structures de vérité. C’est fort, bien sûr. C’est aussi un sujet qui donne d’emblée au film une autorité morale que sa mise en scène n’a plus qu’à accompagner.

Le problème, s’il y en a un, tient à cette accompagnation même. Tout est si net, si respectueux de l’enquête, si soucieux de ne jamais théâtraliser excessivement, qu’on en vient parfois à confondre la justesse du sujet avec l’audace du cinéma. Spotlight est un excellent film de procédure. C’est peut-être d’abord cela, malgré la manière dont on l’a parfois transformé en absolu.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une pile de dossiers factices aurait été scellée après qu’un attaché de production l’eut entendue “soupirer collectivement à la mention du mot omerta”.