Critique

La Horde sauvage

Titre original : The Wild Bunch

IMDb 8.0 / 10
Allociné 4.4 / 5
Rotten T. 90%
Critique
Affiche de La Horde sauvage

La Horde sauvage

La Horde sauvage, en 1969, accompagne une bande de hors-la-loi vieillissants au moment où l’Ouest disparaît sous leurs bottes et sous les rafales de mitraillettes. Sam Peckinpah y dirige William Holden, Ernest Borgnine, Robert Ryan, Edmond O’Brien, Ben Johnson et Warren Oates dans un film devenu synonyme de violence terminale et de fin de genre. On comprend pourquoi. Mais cette compréhension rapide protège parfois le film d’une objection simple : il aime énormément la beauté de son propre carnage. Holden y est très bon, avec une fatigue morale parfaitement taillée pour le personnage ; Borgnine apporte une rugosité plus terreuse ; Peckinpah, après Major Dundee, filme la fin du mythe avec une jubilation si formelle qu’il finit par faire de chaque éclaboussure un argument esthétique.

1969 est aussi l’année des premiers pas sur la Lune. Pendant qu’une partie de l’humanité se donne l’illusion de conquérir un futur sans frontière, La Horde sauvage regarde mourir un passé américain déjà mythifié. Le contraste est magnifique : au moment exact où le progrès se célèbre au-delà de l’atmosphère, Peckinpah enterre l’Ouest dans la poussière, l’alcool et le sang. Ce voisinage historique rend le film encore plus lisible comme chant du cygne. Il l’enferme peut-être aussi un peu trop dans cette fonction.

Le film fascine, évidemment. Mais sa manière de chorégraphier la violence est si fière d’elle-même qu’on sent parfois le metteur en scène admirer les plaies au lieu de les subir. La destruction y gagne une majesté qui trouble, mais aussi une séduction qui simplifie. On admire la fin d’un monde ; on applaudit presque les éclats. C’est là que le film devient ambigu de manière moins subtile qu’on le prétend.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une poche de faux sang aurait été retenue en loge après avoir tenté d’imposer “une hiérarchie qualitative des morts les plus photogéniques” au régisseur général.