Critique

Mulholland Drive

IMDb 8.0 / 10
Allociné 4.7 / 5
Rotten T. 83%
Critique
Affiche de Mulholland Drive

Mulholland Drive

Mulholland Drive, en 2001, commence comme un noir hollywoodien peuplé d’accident, d’amnésie, d’aspirations d’actrice et de doubles, avant de glisser vers quelque chose de plus déchiré, plus abstrait, plus punissant pour le spectateur bien élevé. David Lynch y dirige Naomi Watts, Laura Harring, Justin Theroux, Ann Miller et Robert Forster avec un mélange de sensualité et de menace qui a longtemps suffi à clore toute objection. Naomi Watts est superbe, éclatée entre plusieurs régimes de jeu ; Laura Harring y avance comme une énigme superbement éclairée ; Lynch, après Lost Highway et The Straight Story, retourne à Los Angeles avec l’envie manifeste de faire payer la lisibilité au prix fort. Le problème, c’est qu’on célèbre parfois moins la force du film que la manière qu’il a de rendre les spectateurs fiers d’avoir accepté d’être perdus.

Le film sort l’année du 11 septembre, quand l’idée même d’un récit cohérent sur le monde explose dans les têtes et sur les écrans. Mulholland Drive n’a évidemment pas de rapport direct avec l’événement, mais il partage ce climat de rupture de la représentation : ce qui semblait tenir se fracture, l’enchaînement logique devient suspect, l’image cesse d’être un refuge. Cela donne au film une puissance historique diffuse. Cela explique aussi pourquoi son opacité a été si facilement traitée comme valeur absolue.

Lynch y est d’une maîtrise redoutable, mais cette maîtrise adore son propre mystère. Chaque scène semble avoir été conçue pour survivre dans la mémoire comme un rêve crypté. On admire l’intensité, la texture, les déplacements de sens. On peut aussi se lasser d’un film qui paraît constamment vous souffler qu’il est plus profond que votre besoin de comprendre.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une boîte bleue de répétition aurait exigé un contrat de confidentialité renforcé après avoir constaté qu’elle “portait seule l’économie symbolique de tout le deuxième acte”.