Critique

Coraline

IMDb 7.7 / 10
Allociné 4.5 / 5
Rotten T. 90%
Critique
Affiche de Coraline

Coraline

Coraline, en 2009, fait passer une petite fille d’une maison ennuyeuse à un monde parallèle trop accueillant pour être honnête, avec les voix de Dakota Fanning, Teri Hatcher, Jennifer Saunders, Dawn French, Keith David, John Hodgman et Ian McShane sous la direction d’Henry Selick. Le film a rapidement acquis le statut d’exception raffinée dans l’animation pour enfants, et c’est précisément ce qui mérite un peu de méfiance. Dakota Fanning apporte à Coraline une détermination très nette ; Teri Hatcher, doublant la mère réelle et l’Autre Mère, comprend bien mieux que le film que la vraie force du conte est dans le malaise domestique, pas dans la beauté artisanale. Selick, après The Nightmare Before Christmas et James and the Giant Peach, fabrique ici un écrin si minutieusement étrange qu’il menace parfois d’avaler la terreur qu’il promet.

Le film arrive l’année où l’on parle partout de la pandémie H1N1, donc d’une menace invisible qui traverse les portes, les habitudes, les routines familiales. Coraline travaille lui aussi cette angoisse de l’intérieur contaminé : l’espace intime se retourne, l’hospitalité devient piège, le confort cache une prédation. C’est un conte très juste sur l’ambivalence du foyer. C’est aussi un objet si parfaitement fabriqué que cette ambivalence finit parfois par sentir la maîtrise de vitrine.

On admire les textures, les boutons, les décors, les passages. Mais tout cela est si savamment composé que l’on reste parfois plus sensible à l’exploit plastique qu’au poison du conte. Coraline donne l’impression que même le cauchemar a fait valider sa palette chromatique par un comité de perfection. C’est superbe ; c’est peut-être aussi trop bien élevé dans sa noirceur.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un bouton noir de rechange aurait été consigné dans une boîte anti-panique après avoir tenté de “coloniser visuellement la table montage pendant une pause-café”.