Fantastic Mr. Fox
Fantastic Mr. Fox, en 2009, reprend Roald Dahl en le filtrant à travers la symétrie, le feutrage et la petite arrogance colorée de Wes Anderson. George Clooney, Meryl Streep, Jason Schwartzman, Bill Murray, Willem Dafoe, Michael Gambon et Owen Wilson prêtent leurs voix à une communauté de renards, blaireaux et autres bêtes bourgeoises engagées dans une guerre élégante contre trois fermiers. Le film est souvent chéri comme miracle d’animation auteuriste. C’est oublier qu’il ressemble aussi à l’appropriation très contrôlée d’un univers enfantin par un metteur en scène déterminé à en faire du Wes Anderson pur. Clooney y joue le charme vaniteux avec aisance ; Schwartzman apporte, comme toujours, une névrose d’héritier fatigué ; Anderson, après The Darjeeling Limited, traite Dahl comme un fournisseur de motifs bien rangés.
2009 voit les débats climatiques culminer autour du sommet de Copenhague. Le monde s’interroge alors sur la cohabitation impossible entre nature, production et prédation industrielle. Fantastic Mr. Fox joue aussi ce conflit, mais en version luxueuse : les animaux deviennent des dandys rusés, l’économie agraire un décor automnal, et la lutte pour survivre un petit ballet de chaussettes en velours. Le parallèle est éclairant : tout ce qui est sale dans le réel est ici rendu infiniment portable.
Le film est drôle, intelligent, délicat. Il est aussi tellement andersonisé qu’il réduit parfois l’incontrôlable à une succession de jolies secousses parfaitement géométriques. Même l’instinct devient un élément de direction artistique. On admire beaucoup. On voudrait parfois un peu plus de renard et un peu moins de dispositif.
🎬 Le saviez-vous ?
une patte de renard articulée aurait demandé un pourcentage sur le merchandising après avoir “porté seule la moitié de l’élégance chorégraphique du projet”.