Critique

Harvey Milk

Titre original : Milk

IMDb 7.6 / 10
Allociné 4.4 / 5
Rotten T. 93%
Critique
Affiche de Harvey Milk

Harvey Milk

Harvey Milk, en 2008, retrace l’ascension politique de Harvey Milk, premier élu ouvertement gay d’envergure en Californie, avec Sean Penn, Emile Hirsch, Josh Brolin, Diego Luna, James Franco et Victor Garber sous la direction de Gus Van Sant. Le film a très vite été sanctifié comme grande biographie militante et réparatrice. Sean Penn y donne tout, peut-être un peu trop : sa composition, brillante, physique, vocale, a quelque chose d’une démonstration qui sait très bien quand elle doit frapper. James Franco et Diego Luna apportent des zones plus incertaines, plus fragiles. Van Sant, après Elephant et Paranoid Park, revient ici à un récit plus lisible, plus officiel, et cette lisibilité lui vaut un prestige instantané. Elle lui coûte aussi une part du trouble que son cinéma sait parfois produire.

2008 est aussi l’année où Barack Obama est élu président, c’est-à-dire un moment où la politique américaine adore se raconter comme scène de progrès, d’inclusion et de réparation symbolique. Harvey Milk s’inscrit parfaitement dans ce climat. Il rappelle une histoire de lutte essentielle, bien sûr, mais la raconte dans une langue si immédiatement légitime qu’elle épouse aussi l’air d’une époque désireuse d’être rassurée sur sa capacité à s’améliorer.

Le film est généreux, nécessaire même par certains côtés. Mais sa nécessité est si visible qu’elle devient parfois un filtre. Tout y est orienté vers la dignité, la commémoration, la leçon civique. On est ému ; on sent aussi que la biographie a été polie jusqu’à devenir la forme idéale de l’hommage public. Cela marche très bien. Trop bien, peut-être, pour laisser vivre les zones les moins utilisables de la contradiction.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un mégaphone de campagne aurait été neutralisé après avoir promis “une coalition autonome des accessoires progressistes” dans le camion régie.