Critique

Alien, le huitième passager

Titre original : Alien

IMDb 6.3 / 10
Allociné 2.6 / 5
Rotten T. 48%
Critique
Affiche du film Alien, le huitième passager

Alien, le huitième passager

Alien, le huitième passager, en 1979, est un film de menuiserie spatiale particulièrement bien clouée. Ridley Scott, qu'on tient encore aujourd'hui pour un styliste, dispose dans les couloirs métalliques du Nostromo une équipe d'acteurs solides — Sigourney Weaver, Tom Skerritt, John Hurt, Ian Holm — qu'il filme comme du mobilier de série B amélioré par H.R. Giger. La célèbre scène du repas, avec créature jaillissant du thorax, est un grand moment d'effets pratiques et un moment moyen de cinéma : la suspension est brève, la résolution sanglante, et la suite du film consiste à faire mourir les survivants dans l'ordre prévisible de leur importance contractuelle.

Weaver, qu'on érigera plus tard en icône féministe par paresse rétrospective, joue Ripley comme une cheffe d'équipe technique : compétente, ferme, sans grande zone d'ombre. Le scénario, dit-on, lui rendait justice ; il lui rendait surtout les rares scènes intéressantes pendant que les autres comédiens couraient dans des couloirs en sueur. La scène finale, où Ripley se déshabille devant la caméra avant d'affronter une dernière fois la créature, est une bizarrerie qu'on a longtemps présentée comme une provocation, et qui n'est qu'une scène de déshabillage de série Z déguisée en suspense existentiel.

Le film aurait inventé, dit-on encore, une nouvelle grammaire du genre. Il a surtout copié La Chose d'un autre monde et It! The Terror from Beyond Space en y rajoutant des designs gothiques magnifiques mais qui valent essentiellement par eux-mêmes. Giger fait l'œuvre ; Scott la cadre proprement.

Le rapprochement historique est cocasse. 1979 voit l'accident de Three Mile Island, première catastrophe nucléaire civile retentissante aux États-Unis. La technologie réelle montrait à quel point un système complexe peut s'effondrer par concours de petites incompétences ; le film, lui, faisait peur avec un chat et un monstre baveux. L'angoisse contemporaine était bien plus radicale que celle qu'on filmait.

Reste un film tendu, indéniablement. Tendu comme un câble bien rangé.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

le chat du Nostromo aurait disposé d'un agent à Hollywood pendant le tournage, refusant tout plan où il devrait courir vers la droite, qu'il jugeait 'idéologiquement contraire à sa ligne d'interprétation féline'.