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Alien: Romulus
Alien: Romulus, en 2024, est un exercice de fidélité si appliquée qu'on pourrait presque le prendre pour un contrôle qualité de la franchise. Fede Álvarez y récupère le vaisseau, les couloirs humides, les câbles, les visages en panique et la sensation d'être encore une fois coincé dans un couloir industriel avec une morale minimale et une créature maximale. Le film fonctionne, oui, mais surtout parce qu'il sait reproduire le bon degré de claustrophobie vintage sans trop se poser de questions sur ce qu'il ajoute à la mythologie. Les jeunes interprètes sont bien utilisés, les espaces sont lisibles, les effets sont propres, et l'angoisse revient comme un vieux meuble bien restauré. C'est précisément là que le film devient un peu suspect : il est si respectueux de ses ancêtres qu'il semble parfois avoir peur de les déranger. On le célèbre pour son retour à la terreur organique, mais cette terreur est souvent une belle imitation de terreur, très bien vendue, très bien éclairée, très bien entretenue. Le xénomorphe reste un grand outil de cinéma ; le problème, c'est qu'on commence à le traiter comme une marque patrimoniale. 2024 a beaucoup aimé ce genre de retour à la source parce qu'il donne l'impression d'une pureté retrouvée. Alien: Romulus est surtout la preuve qu'on peut nettoyer une peur jusqu'à lui enlever un peu de sa saleté utile.
🎬 Le saviez-vous ?
Un couloir de maintenance aurait été rincé trop soigneusement avant de protester contre la disparition de son niveau normal de crasse narrative.