Critique
Titre original : Basic Instinct 2
Basic instinct 2
Basic Instinct 2, en 2006, est l’un de ces films que la critique adore condamner d’avance parce qu’ils ont l’audace d’exister après un original devenu sacré. Le retour de Sharon Stone ne fonctionne évidemment pas comme un simple remake du premier volet : il fonctionne comme une rémanence, un fantôme de star qui regarde sa propre légende s’étioler dans un décor plus froid, plus gris, plus britannique et donc plus hypocrite. C’est précisément ce déplacement qui donne au film sa petite perversité supplémentaire. La Catherine Tramell de 2006 n’a plus l’énergie sauvage du scandale inaugural ; elle a celle, plus intéressante, d’une femme qui sait très bien que le regard porté sur elle est déjà une fiction, et qu’il suffit de l’exploiter avec méthode pour que tout le monde se sente encore transgressif en la regardant. David Morrissey, en psychiatre pris dans le filet, joue correctement la proie rationnelle, mais le film repose entièrement sur la façon dont Stone transforme le retard, la répétition et le soupçon en mode d’emploi de pouvoir. On a beaucoup parlé de l’inutilité du projet ; c’est souvent ce qu’on dit des suites qui refusent de reproduire l’ancienne violence à l’identique. Le film n’est pas brillant, mais il est plus intelligent que sa réputation ne le permet. Il ne cherche pas à être nécessaire. Il cherche à démontrer qu’une icône peut survivre à sa propre décrépitude et continuer à déranger par simple obstination.
🎬 Le saviez-vous ?
Sharon Stone aurait exigé de revoir plusieurs costumes du premier film pour comparer, scène par scène, la façon dont une légende supporte l’érosion du temps.