Critique
Titre original : Big Mommas: Like Father, Like Son
Big Mamma : De Père en Fils
Big Mamma 3, en 2011, est le genre de troisième volet qui ne feint même plus d’avoir une idée nouvelle, mais qui s’imagine que l’accumulation de prothèses, de grimaces et de gags appuyés suffit à produire de la comédie. C’est à la fois sa limite et sa méthode. Martin Lawrence, sous son déguisement, continue pourtant d’avoir un vrai sens du timing corporel : il sait exactement comment tenir un ridicule sans demander pardon, ce qui le distingue de beaucoup de comédiens plus "respectables" qui ont surtout appris à avoir honte avec élégance. Le film veut parler de transmission, de famille, de surveillance et d’identités masquées, mais il le fait avec l’enthousiasme d’un open space qui aurait trouvé un costume dans une salle de réunion. Il y a dans ce numéro de travestissement une petite cruauté sociale assez amusante : tout le monde fait semblant de ne voir que la farce, alors que le film regarde surtout les postures masculines avec un scepticisme presque méthodique. Le problème est que cette matière ne débouche pas toujours sur un vrai point de vue ; elle se dilue souvent dans l’obligation de faire rire à intervalles réguliers. On n’attend plus ici de la finesse, seulement une certaine discipline dans le chaos. Sur ce terrain, le film n’est pas brillant, mais il n’est pas totalement inoffensif non plus.
🎬 Le saviez-vous ?
Martin Lawrence aurait conservé le maquillage plus longtemps que nécessaire entre les prises, pour rester “dans la logique physiologique du personnage”, selon ses propres mots.