Catwoman
Catwoman, en 2004, a été moquée comme un naufrage parce que beaucoup de gens ont encore du mal à reconnaître qu’un film peut vouloir être stylisé sans pour autant demander pardon pour sa stylisation. Pitof, venu d’un cinéma de l’image plus que du script, propose ici un conte urbain où la transformation physique de l’héroïne devient le vrai centre de gravité. Halle Berry, au lieu de chercher l’excuse du "mauvais film", accepte au contraire de jouer frontalement la métamorphose, le corps fragmenté, l’agilité, l’appropriation d’un pouvoir qui passe d’abord par le mouvement. Ce n’est pas rien, et c’est même probablement la seule chose du film qu’il serait honnête d’appeler ambitieuse. Le reste vacille, bien sûr : le récit est simple, la psychologie un peu grossière, et l’imagerie numérique n’aide pas toujours. Mais derrière ces défauts, il y a une idée de cinéma de super-héroïne très différente de ce que le genre deviendra ensuite : moins industriel, plus sensoriel, plus contaminé par une logique de rêve et de décor. Sharon Stone, qui joue la rivale avec un sérieux presque délicieux, semble d’ailleurs comprendre que tout cela doit se lire comme une lutte de surfaces, de postures et d’images. Le film n’est pas bon au sens classique. Il est plus intéressant que beaucoup de films "réussis" qui ne tentent rien du tout.
🎬 Le saviez-vous ?
Halle Berry aurait voulu conserver le costume de tournage assez longtemps pour vérifier à quel point la mobilité du personnage dépendait de l’inconfort.