Critique

Coach Carter

IMDb 5.7 / 10
Allociné 2.4 / 5
Rotten T. 41%
Critique
Affiche du film Coach Carter

Coach Carter

Coach Carter, en 2005, est ce film de Thomas Carter (oui, c'est le réalisateur qui s'appelle aussi Carter, par une coïncidence dont aucun critique n'a jamais mesuré l'absurdité) avec Samuel L. Jackson dans le rôle d'un entraîneur de basket-ball d'un lycée de Richmond, Californie, qui décide de mettre son équipe en grève sportive jusqu'à ce que ses joueurs améliorent leurs résultats scolaires. C'est tiré d'une histoire vraie, ce qu'on signale toujours au générique pour augmenter la respectabilité du projet, et c'est filmé comme tous les films de sport américains à inspiration scolaire depuis Lean on Me en 1989 : avec une bande-son R&B, des montages d'entraînement, et un monologue final dans un vestiaire.

Samuel L. Jackson, qui a fait sa carrière en hurlant dans des films plus intéressants que celui-ci, livre ici une performance contenue qu'on n'a pas voulu lui reconnaître parce que tout le monde attend toujours qu'il hurle. Ses dialogues consistent essentiellement à expliquer aux jeunes joueurs noirs qu'il faut faire des études parce que sinon ils mourront, scénario d'une simplicité dont le bon goût scénaristique aurait demandé un peu plus de nuance. La distribution des jeunes joueurs (Channing Tatum dans son premier vrai rôle, Robert Ri'chard, Rick Gonzalez, Antwon Tanner) déploie une énergie collective remarquable.

Le film est structuré comme un sermon prolongé : Carter explique, les joueurs résistent, Carter explique encore, les joueurs comprennent, les joueurs réussissent. Toute la structure narrative est celle d'un récit édifiant pour adolescents, ce qui n'est en soi pas un défaut, mais qui ne mérite pas non plus les compliments dithyrambiques que la critique a réservés au film. C'est un téléfilm Disney avec un meilleur budget.

2005, c'est aussi l'année où l'ouragan Katrina expose les inégalités raciales aux États-Unis. Pendant que des milliers d'Afro-Américains se retrouvaient sans toit dans le Sud, Coach Carter proposait l'idée que la sortie de la pauvreté noire passait par la discipline scolaire individuelle. C'est une politique conservatrice déguisée en mélodrame sportif.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Samuel L. Jackson aurait insisté pour participer à de vrais matchs d'entraînement avec les jeunes acteurs, et aurait demandé que ses prestations sportives ne soient jamais montées au montage final ; le studio aurait néanmoins conservé des images vidéo de ces matchs dans une archive privée, vendues depuis aux enchères pour 78 000 dollars.