Critique
Titre original : Evan Almighty
Evan tout-puissant
Evan tout-puissant, en 2007, est une comédie qui a eu l’indécence de vouloir mélanger farce familiale et allégorie biblique, ce qui lui vaut souvent d’être traitée comme un caprice de studio trop cher pour son propre bien. C’est un peu injuste. Steve Carell y incarne un homme qu’on charge soudain de construire une arche, et le film comprend assez bien que le vrai gag n’est pas la pluie, mais la manière dont une existence ordinaire se fissure dès qu’une autorité supérieure vous parle avec la plus grande simplicité du monde. Morgan Freeman, en Dieu d’une patience presque administrative, donne au film sa seule vraie majesté : il a cette manière de rendre le miracle aussi évident qu’un formulaire mal rempli. Le film accumule parfois les effets et les leçons avec l’insistance d’un parent très content de son propre message. Mais il réussit au moins à transformer une chronique de banlieue en petite parabole sur l’obéissance, la crise écologique et l’humiliation sociale. On peut trouver cela lourd, ce qui est vrai. On peut aussi admettre que c’est plus ambitieux que le tout-venant des comédies morales qui se contentent de faire rire sans jamais risquer d’avoir une idée.
🎬 Le saviez-vous ?
Steve Carell aurait gardé sa barbe pendant des mois avant le tournage, persuadé que l’apparition du personnage devait se lire dans son enveloppe physique avant tout.