Critique

Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance

Titre original : Ghost Rider: Spirit of Vengeance

IMDb 7.4 / 10
Allociné 4.2 / 5
Rotten T. 83%
Critique
Affiche du film Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance

Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance

Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance, en 2011, est cette suite délirante de Mark Neveldine et Brian Taylor que le public américain a accueillie avec mépris alors qu'il s'agit d'une œuvre de cinéma exploitatif d'une pureté formelle remarquable. Neveldine et Taylor, qui avaient déjà signé Hyper Tension, sont les héritiers directs des cinéastes du Hong Kong des années 1990 et de Tarantino : ils filment la violence comme matière plastique, le surnaturel comme spectacle, le héros comme icône. Nicolas Cage, qu'on a couvert de moqueries pour son interprétation grimaçante, livre en réalité une performance expressionniste assumée : il joue le motard hanté par un démon avec la liberté gestuelle de Klaus Kinski dans Aguirre.

Le film opère un choix radical : déplacer Ghost Rider d'Amérique en Europe de l'Est, plus précisément en Roumanie, ce qui transforme le road movie initial en pèlerinage gothique. C'est, en cinéma populaire, l'équivalent du déplacement de Stoker quand il fait venir Dracula en Angleterre : un transfert géographique chargé de sens, qu'aucun critique anglo-saxon n'a daigné lire. Ciarán Hinds, en méchant Roarke, campe une figure du Mal d'une autorité shakespearienne ; Idris Elba, en moine guerrier français, déploie un magnétisme physique qui aurait pu lui valoir des comparaisons avec Toshirō Mifune chez Kurosawa.

Les scènes d'action, filmées caméra à l'épaule en haute vitesse, ont été reprochées au film comme étant illisibles ; c'est précisément ce que les Strause cherchaient. Quand Ghost Rider met le feu à un camion-citerne dans une carrière de pierres, Neveldine et Taylor filment l'embrasement avec une fascination plastique qui rappelle les pyrotechnies de Stelarc dans le land art. Cinéma populaire ne signifie pas absence de pensée formelle ; il signifie pensée formelle accessible.

2011, c'est l'année du printemps arabe, c'est l'année où les images de combat de rue diffusées sur YouTube redéfinissent ce qu'est l'imagerie politique contemporaine. Ghost Rider 2, en filmant un héros surhumain qui chevauche en feu à travers une Roumanie post-communiste, articule à sa manière populaire ces angoisses transitionnelles. Personne, à l'époque, n'a voulu le voir.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Nicolas Cage aurait demandé qu'on lui peigne le visage en noir et blanc avant chaque scène où il devait incarner Ghost Rider, persuadé que 'la couleur est le plus grand ennemi du démon' ; les maquilleurs auraient passé six heures par jour à appliquer cette préparation en couches successives.