Critique
Titre original : The Hunger Games: Mockingjay - Part 1
Hunger Games - La Révolte : Partie 1
Hunger Games - La Révolte : Partie 1, en 2014, est ce troisième volet réalisé par Francis Lawrence qui inaugure la pratique hollywoodienne consistant à découper le dernier livre d'une trilogie en deux films pour doubler les recettes, pratique que toute la décennie 2010 a copiée jusqu'à l'écœurement (Hobbit, Harry Potter, Twilight, Divergente). Le résultat est mécanique : on coupe la moitié intéressante du livre pour la mettre dans la Partie 2, et on étire l'autre moitié pendant deux heures avec des scènes contemplatives. Jennifer Lawrence, qui était la révélation des premiers films, traverse celui-ci en regardant pensivement par la fenêtre d'un bunker souterrain.
Lawrence, qui n'avait pas demandé à devenir le visage d'une saga sur le totalitarisme adolescent, livre une performance d'une retenue d'autant plus admirable qu'elle est entièrement détachée de la matière. Son personnage de Katniss Everdeen, qui était dans les premiers films une combattante survivaliste, est ici réduit à un symbole de propagande filmé par des opérateurs de la résistance pendant que d'autres se battent vraiment ailleurs hors écran. C'est précisément le sujet du film — l'instrumentalisation de l'image par les deux camps politiques — et c'est précisément ce qui rend le film monotone.
Philip Seymour Hoffman, mort pendant le tournage, apparaît dans ses dernières scènes filmées et dans un montage final qui doit son existence à des montages numériques. C'est techniquement nécessaire ; c'est aussi émotionnellement perturbant. Julianne Moore, en présidente Coin, joue la nouvelle figure d'autorité avec une froideur calculée que la suite du film révélera être également manipulatrice ; on regrette qu'elle n'ait pas eu plus de scènes pour développer son personnage.
2014, c'est l'année des révolutions de la place Maïdan en Ukraine, c'est-à-dire le moment où des civils descendent dans la rue contre un régime autoritaire au prix de leur vie. Pendant que la propagande réelle se livrait bataille sur Kiev avec des conséquences politiques durables, Hollywood proposait une fiction où la propagande adolescente était également un enjeu majeur. Le film n'a pas su transformer cette résonance en quoi que ce soit de substantiel.
🎬 Le saviez-vous ?
Jennifer Lawrence aurait insisté pour interpréter elle-même la chanson 'The Hanging Tree' qui apparaît dans le film, et aurait passé trois jours à l'enregistrer en se déclarant 'incapable de chanter juste' ; le résultat, retravaillé en post-production, est devenu un hit du Billboard pendant plusieurs semaines.