Critique

King Kong

IMDb 5.4 / 10
Allociné 2.2 / 5
Rotten T. 36%
Critique
Affiche du film King Kong

King Kong

King Kong, en 2005, est cette nouvelle version qu'on n'avait pas demandée et que Peter Jackson a livrée comme cadeau d'après-Seigneur des Anneaux : trois heures et sept minutes d'effets spéciaux pour raconter la même histoire que celle du film de 1933, qui durait 100 minutes. Jackson a utilisé deux fois plus de temps pour raconter ce que Cooper avait raconté en moitié moins. C'est ce qu'on appelle un progrès technique au prix d'une régression dramaturgique.

Naomi Watts, dans le rôle d'Ann Darrow, joue une starlette de Broadway en pleine Grande Dépression qui se laisse embarquer sur l'île du Crâne et tombe progressivement amoureuse du gorille géant qui l'a kidnappée, scénario qu'on appelle 'syndrome de Stockholm' dans le manuel de psychologie et 'romance' dans le pitch d'Hollywood. Adrien Brody, en scénariste, traverse le film avec son habituel air de séducteur fragile dont aucune actrice ne tombe amoureuse en réalité. Jack Black, en réalisateur cynique inspiré d'Orson Welles, est ridiculement mal cast.

Les scènes sur l'île sont peuplées de monstres géants — insectes carnivores, dinosaures — que Jackson empile avec sa générosité de fan d'effets spéciaux, sans jamais s'inquiéter de savoir si on s'ennuie. La scène finale au sommet de l'Empire State Building, où Kong s'effondre après avoir été mitraillé par les avions, est filmée avec un ralenti tellement appuyé qu'il en devient embarrassant. Jackson voulait son moment d'émotion ; il a obtenu une publicité pour gorilles bien éclairés.

2005, c'est l'ouragan Katrina qui dévaste La Nouvelle-Orléans, c'est l'année où l'incompétence de l'administration Bush face à la catastrophe naturelle est exposée à la planète. Pendant que les digues réelles cédaient et que les Afro-Américains pauvres étaient abandonnés sur les toits, Hollywood proposait un blockbuster sur un singe géant qui patinait à Manhattan.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Andy Serkis, en doublure de Kong, aurait passé six mois à imiter les gorilles au zoo de Londres ; il aurait selon son propre témoignage 'arraché trois fois le bras d'une figurine pour comprendre la mécanique mâchoire-tronc du gorille adulte', ce que les gardiens du zoo ont vivement contesté.