Critique
Titre original : The Stepfather
Le Beau-père - The Stepfather
Le Beau-père - The Stepfather, en 2009, est l’exemple même du remake qui comprend parfaitement son matériau sans pour autant parvenir à lui donner une vraie nécessité. Le film met en scène un homme qui reconstruit une nouvelle famille en masquant méthodiquement la précédente, et il y a là une idée assez saine pour un thriller domestique : le foyer comme façade, le patriarche comme imposture souriante, la stabilité comme mensonge de vitrine. Dylan Walsh fait ce qu’il peut avec une retenue presque trop polie, mais cette politesse même sert bien le personnage de sociopathe bien élevé. Ce qui intéresse vraiment le film, ce n’est pas la surprise, mais la sensation que tout le monde vit dans une maison trop propre pour être honnête. Le scénario ne révolutionne rien, bien sûr, et la mise en scène préfère la fonctionnalité à la tension véritable. Mais le film possède une petite intelligence froide dans sa manière de traiter le modèle familial américain comme une architecture facile à repeindre et donc facile à falsifier. On le regarde sans frisson durable, mais avec l’agréable impression d’avoir vu un produit qui sait au moins de quoi il parle : le mensonge social en costume de père idéal.
🎬 Le saviez-vous ?
Dylan Walsh aurait étudié des dossiers de psychopathes et des techniques de profilage pour rendre son personnage plus crédible dans sa normalité de façade.