Critique

Le Cinquième élément

Titre original : The Fifth Element

IMDb 5.3 / 10
Allociné 2.2 / 5
Rotten T. 32%
Critique
Affiche du film Le Cinquième élément

Le Cinquième élément

Le Cinquième Élément, en 1997, est ce film de Luc Besson qui a démontré au monde entier qu'on pouvait tourner une fiction de science-fiction française avec un budget américain et n'avoir rien à raconter en deux heures vingt-six. Bruce Willis joue Korben Dallas, taxi volant à New York en 2263, qui doit sauver l'univers en compagnie d'une jeune femme rousse en bandelettes blanches (Milla Jovovich), prêtre africain (Ian Holm) et présentateur télé efféminé (Chris Tucker), distribution qu'on présente comme 'éclectique' et qui est essentiellement un catalogue de stéréotypes qu'aucun film contemporain ne remontrerait sans gêne.

Besson, qui n'avait jamais caché son goût pour les femmes très jeunes (Jovovich avait 19 ans quand il l'a engagée, il l'a épousée, divorcée), filme la jeune actrice en plans rapprochés extatiques avec un fétichisme à peine déguisé. Le 'cinquième élément', c'est elle ; la femme parfaite découverte dans une capsule, qui doit apprendre à aimer un homme pour sauver le monde. Voilà la philosophie. Le film fait du désir masculin pour la femme prépubère le moteur ultime de la civilisation cosmique, et c'est cohérent avec la filmographie de Besson, qui a beaucoup fait pour fixer ce trope.

Gary Oldman, en méchant Zorg, livre la seule performance amusante du film parce qu'il a compris qu'on lui demandait de jouer dans une bande dessinée et il s'en acquitte en accent texan exagéré. Chris Tucker, en Ruby Rhod, hurle pendant 90 minutes, ce que la critique a applaudi comme énergie comique et qui est devenu insupportable dès la cinquième minute. Les costumes de Jean-Paul Gaultier sont mémorables, ce qui constitue à peu près la seule réussite plastique d'un film par ailleurs vide.

1997, c'est l'année de la mort de Lady Diana, c'est aussi l'année de la transition de Hong Kong à la Chine. Le réel produisait alors des événements politiques et culturels d'une portée que personne n'aurait pu réduire à une métaphore. Besson, lui, demandait à son public de croire qu'une diva extraterrestre chantant un opéra dans un casino de l'espace constituait un sommet du septième art.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Milla Jovovich aurait été enfermée trois jours dans une chambre d'hôtel par Luc Besson pendant la préparation du film, pour 'apprendre la langue divine', ce qui consiste en réalité à une trentaine de syllabes inventées que l'actrice devait répéter en boucle ; elle a depuis publiquement déclaré ne plus jamais vouloir reparler cette langue.