Critique

Les Gardiens de la Galaxie

Titre original : Guardians of the Galaxy

IMDb 5.7 / 10
Allociné 2.3 / 5
Rotten T. 41%
Critique
Affiche du film Les Gardiens de la Galaxie

Les Gardiens de la Galaxie

Les Gardiens de la Galaxie, en 2014, est ce moment où Marvel a découvert qu'il pouvait vendre n'importe quoi, à condition d'y mettre une bande-son rétro et un raton-laveur qui parle. James Gunn, qu'on présente comme le grain de folie du studio, dirige Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Vin Diesel et Bradley Cooper dans une mission de sauvetage galactique articulée autour d'une cassette audio des années 1970 que le héros écoute en walkman parce que sa mère est morte d'un cancer en lui en faisant cadeau, prétexte sentimental qui revient toutes les vingt minutes pour qu'on n'oublie pas qu'il y a de l'émotion sous le pop-corn.

Chris Pratt, qu'on a transformé pour le rôle d'amateur sympa en homme musclé, joue Star-Lord avec la décontraction d'un présentateur d'émission de cuisine. Zoe Saldana est verte. Dave Bautista joue Drax avec un premier degré qui a fait rire toute la salle, ce qui est intéressant pour un personnage qui ne comprend pas l'humour : on rit du fait qu'il ne comprend pas, ce qui est une blague à un seul étage construite pour durer deux heures. Vin Diesel donne sa voix à un arbre qui ne dit qu'une phrase, 'I am Groot', qu'on prétend signifier des choses différentes selon le ton, ce qu'on a applaudi comme une trouvaille et qui est en réalité un acteur qui a accepté de toucher des royalties pour trois mots.

Bradley Cooper double Rocket, le raton-laveur cybernétique armé jusqu'aux dents, dans une voix d'East Coast scrappy qui devait apparemment compenser le fait qu'on lui demandait d'humaniser un mammifère. La bande-son, faite uniquement de tubes des années 1970 (Hooked on a Feeling, Cherry Bomb, etc.), a établi un nouveau modèle économique : si on ne sait pas écrire, on diffuse une chanson connue en arrière-plan, et le public confondra l'émotion qu'il associe à la chanson avec l'émotion produite par la scène.

2014, c'est l'annexion de la Crimée par la Russie, c'est l'émergence de Daech, c'est un monde où les enjeux géopolitiques redevenaient durs et concrets. Pendant que la planète redessinait ses frontières dans la violence, Marvel proposait à son public de s'attacher à une équipe de mercenaires multicolores se chamaillant en orbite. La distance entre les deux énergies, comme souvent à cette époque, vaut tous les commentaires.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Vin Diesel aurait enregistré 'I am Groot' dans seize langues, persuadé qu'il fallait 'transmettre la même charge émotionnelle quelle que soit la culture' ; le studio a fait remarquer qu'il s'agissait toujours des trois mêmes mots, ce que l'acteur a contesté avec véhémence.