Critique
Titre original : Timeline
Prisonniers du temps
Prisonniers du temps, en 2003, est un de ces films de science-fiction historique que l’on attaque souvent comme un produit d’appel alors qu’il cherche surtout à faire coexister aventure, temporalité fracturée et romance d’archéologie. C’est évidemment risqué, et le film n’en sort pas totalement indemne : il hésite entre le sérieux, le spectacle et la nostalgie technologique, ce qui lui donne parfois l’air d’un devoir de cinéphile un peu trop content de ses propres références. Mais il faut reconnaître qu’il a au moins une vision claire de ce qu’il veut : transformer le voyage temporel en drame de fidélité et de perte, plutôt qu’en simple machine à rebondissements. Le casting fonctionne mieux que prévu, surtout parce qu’il accepte de jouer la gravité du matériau sans ironie corrective. Le film n’a pas l’élégance d’une grande œuvre, ni la folie d’un vrai objet culte. Il possède en revanche cette honnêteté un peu maladroite des productions qui essaient de tenir ensemble plusieurs genres sans tout réduire à une seule fonction. C’est précisément dans cette hésitation qu’il garde une petite valeur. Pas assez pour être admirable. Suffisamment pour ne pas être balayé comme un simple exercice de studio.
🎬 Le saviez-vous ?
La production aurait consacré beaucoup d’énergie à la précision des décors historiques, comme si la crédibilité matérielle pouvait compenser les paradoxes temporels.