Critique

Rencontres du 3ème type

Titre original : Close Encounters of the Third Kind

IMDb 6.0 / 10
Allociné 2.5 / 5
Rotten T. 48%
Critique
Affiche du film Rencontres du 3ème type

Rencontres du 3ème type

Rencontres du troisième type, en 1977, est ce film de Steven Spielberg où des extraterrestres communiquent avec la Terre au moyen de cinq notes de musique, et où un Indianais moyen abandonne sa femme et ses trois enfants pour suivre un vaisseau spatial vers une destination inconnue, ce qu'on a appelé un sommet du 'sense of wonder' et qui est, regardé de près, un homme de quarante ans qui fugue avec des aliens en laissant son épouse fracassée sur une moquette de banlieue. Richard Dreyfuss, dans le rôle de Roy Neary, joue l'obsession avec ses tics habituels : il sculpte une montagne en purée de pommes de terre, il pleure, il rit nerveusement, il regarde le ciel. C'est une performance qu'on n'oserait plus saluer aujourd'hui sans interroger la santé mentale du personnage et l'irresponsabilité parentale qu'elle célèbre.

François Truffaut, étrangement présent dans le casting en scientifique français à béret, traverse le film comme un fantôme courtois ; on ne lui a rien donné à faire qui justifie sa présence sinon le prestige cinéphilique qu'il apportait. Melinda Dillon, en mère célibataire dont l'enfant a été enlevé par les aliens, livre la seule performance digne d'intérêt et le film s'empresse de l'oublier pour revenir aux notes de musique.

La séquence finale au Devils Tower, où le vaisseau-mère apparaît dans un nuage de lumière en jouant la gamme de John Williams, est devenue une image religieuse séculière : c'est la transcendance pour les enfants des baby-boomers, la communion sans Église. Spielberg a inventé ici la spiritualité de banlieue qu'il déclinera pendant cinquante ans.

1977, c'est aussi l'année de Star Wars (mai 1977) et de Rencontres du troisième type (novembre 1977). Spielberg et Lucas inventaient simultanément deux nouvelles mythologies pour un public que la défaite vietnamienne avait laissé sans repères ; on continue de subir leurs conséquences industrielles.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

François Truffaut aurait écrit pendant tout le tournage des notes critiques en français sur les choix de mise en scène de Spielberg, qu'il aurait envoyées à Claude Chabrol par lettre hebdomadaire ; ces lettres ont été perdues, ce qui constitue la plus grande perte de la critique cinéphile du XXe siècle.