Critique

Sam je suis Sam

Titre original : I Am Sam

IMDb 5.6 / 10
Allociné 2.3 / 5
Rotten T. 38%
Critique
Affiche du film Sam je suis Sam

Sam je suis Sam

Sam je suis Sam (I Am Sam), en 2001, est ce mélodrame de Jessie Nelson dans lequel Sean Penn joue un homme atteint de déficience intellectuelle qui se bat pour la garde de sa fille avec l'aide d'une avocate snob qui apprend grâce à lui à redécouvrir l'amour familial. La performance de Penn, qu'on a nominée à l'Oscar du meilleur acteur, consiste à parler doucement, à sourire de travers et à fixer la caméra avec des yeux humides pendant deux heures. C'est précisément ce qu'Hollywood appelle 'jouer un handicap', soit la spécialité actorale la plus paresseuse du métier et celle qui produit le plus de récompenses, ce qui en dit long sur la profession.

Michelle Pfeiffer, en avocate Rita Harrison, joue le snobisme cardiaque qui doit fondre face à la pureté de Sam, dispositif scénaristique digne d'un téléfilm de Noël et que Pfeiffer assume avec un professionnalisme qu'on n'a pas voulu reconnaître. Dakota Fanning, alors âgée de 7 ans, livre une performance d'une justesse remarquable dans le rôle de la fille Lucy, et c'est la seule chose réellement émouvante du film : elle joue avec une retenue de vieille comédienne, et son personnage est le seul qui semble avoir des préoccupations légitimes.

La structure du film est calquée sur celle de Kramer contre Kramer mais avec un père supposément déficient intellectuellement, ce qui permet à Hollywood de filmer la garde d'enfant comme un combat moral plutôt qu'un débat juridique. La bande-son, composée exclusivement de reprises des Beatles par des artistes contemporains, est un dispositif d'enrobage émotionnel d'une efficacité dont on ne dira jamais assez qu'elle remplace tout véritable travail de mise en scène. Quand on filme un homme déficient écoutant 'Imagine' en boucle, il est très difficile de juger ce qu'on filme.

2001, c'est aussi l'année où l'Americans with Disabilities Act a 10 ans, soit le moment où l'on pourrait commencer à filmer des personnes handicapées avec autre chose qu'une sentimentalité mielleuse. Hollywood ne l'a pas fait.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Sean Penn aurait passé six mois dans des centres pour personnes atteintes de déficience intellectuelle pour préparer son rôle, et aurait gardé contact avec plusieurs des résidents qu'il y a rencontrés ; il a refusé qu'aucun d'eux n'apparaisse dans le film, ce que ses détracteurs ont qualifié de 'protection paternaliste' et ce que ses défenseurs ont qualifié de 'dignité respectueuse'.