Critique

Shrek

IMDb 5.6 / 10
Allociné 2.3 / 5
Rotten T. 42%
Critique
Affiche du film Shrek

Shrek

Shrek, en 2001, est cette comédie d'animation que DreamWorks a produite en réaction directe au sirop disneyen, et qu'on a saluée comme une révolution alors qu'il s'agit d'un film qui remplace les princesses chantantes par un ogre qui pète. Mike Myers double Shrek avec un accent écossais qu'il a inventé en plein milieu du tournage, obligeant le studio à refaire toute sa prestation initiale ; c'est devenu un héritage culturel et une démonstration de la rigueur méthodologique d'un acteur qui changeait d'idée comme on change de pull. Eddie Murphy double Donkey en parlant en continu pendant 90 minutes, ce qui a transformé une voix-off en personnage et un personnage en marketing dérivé.

L'humour 'subversif' du film consiste à parodier les contes de fées Disney en y intégrant des blagues sur les pets, les rots et les fluides corporels. C'est apparemment révolutionnaire ; c'est en fait l'humour de cours de récréation qu'on filme en numérique 3D. Lord Farquaad, le méchant en culottes courtes, est un gag visuel d'une seule note répété sur 90 minutes : il est petit. Le château de Duloc, parodie évidente de Disneyland, est un trait d'esprit qu'on a confondu avec une critique de la culture commerciale, alors qu'il s'agit d'un studio rival qui dégomme un studio dominant en faisant exactement le même métier sous un autre slogan.

La Princesse Fiona, doublée par Cameron Diaz, alterne entre humaine et ogresse selon le moment de la journée, ce qui est censé délivrer un message féministe sur l'acceptation de soi et qui aboutit à un personnage qui choisit de rester ogresse, c'est-à-dire d'être moins jolie pour pouvoir être avec son ogre, message dont la subtilité méritera des thèses de doctorat un jour, ou pas. La bande-son, faite de chansons pop des années 1990 placées en moments stratégiques, a établi le modèle commercial qui ruinera la plupart des films d'animation de la décennie suivante.

2001, c'est le 11 septembre, donc tout devient prétexte à se distraire, et un ogre vert qui se baigne dans la boue est tout aussi acceptable qu'autre chose pour fuir les images de tours qui s'effondrent. Vu sous cet angle, Shrek a peut-être joué un rôle thérapeutique. Vu sous tout autre angle, c'est une publicité pour pets animés.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Mike Myers aurait redoublé Shrek trois fois — d'abord en accent canadien neutre, puis en accent yiddish, finalement en écossais — provoquant un dépassement budgétaire que le studio a maquillé dans les frais de 'recherche dialectique'.