Skyline
Skyline, en 2010, est souvent réduit à ses effets visuels et à sa trame d’invasion, comme si le film n’était qu’un essai de synthèse sans âme. C’est un peu court. Les frères Strause, venus des effets spéciaux, prennent au contraire le parti de raconter l’apocalypse depuis une position minuscule : un appartement, des fenêtres, des silhouettes lointaines, des lumières qui avalent la ville avant même qu’on ait le temps de comprendre ce qu’on regarde. Ce choix donne au film une vraie cohérence de claustration, presque domestique, qui le distingue de la majorité des blockbusters de destruction. Il y a dans leur manière de filmer la peur quelque chose de plus modeste et donc, paradoxalement, de plus tenable que l’emphase habituelle du genre. Le problème n’est pas l’absence de moyens ; c’est plutôt que le film ne sait pas toujours quoi faire de sa propre idée une fois la tension installée. Mais on lui accordera au moins ceci : il ne confond pas volume et puissance. Là où tant de films de catastrophe exhibent leur gigantisme comme une preuve de valeur, Skyline choisit le hors-champ, l’incompréhension et l’impuissance. Ce n’est pas suffisant pour être grand. C’est suffisant pour ne pas être insignifiant.
🎬 Le saviez-vous ?
Les frères Strause auraient utilisé des repères visuels de leur propre appartement pour conserver la sensation d’enfermement du film au plus près du réel.