Critique

Terminator 2 : le Jugement Dernier

Titre original : Terminator 2: Judgment Day

IMDb 6.0 / 10
Allociné 2.5 / 5
Rotten T. 46%
Critique
Affiche du film Terminator 2 : le Jugement Dernier

Terminator 2 : le Jugement Dernier

Terminator 2, en 1991, est cette suite que James Cameron a vendue comme une révolution technologique alors qu'il s'agit principalement d'un homme musclé qui dit au revoir à un enfant en pouce levé pendant qu'on le descend dans un bain de fer en fusion. Arnold Schwarzenegger reprend le rôle qui a fait sa carrière en inversant la position morale : cette fois il est le gentil. Linda Hamilton fait des pompes pour montrer qu'elle est devenue dure. Edward Furlong, dans le rôle de John Connor adolescent, livre une performance qu'on a longtemps confondue avec du naturel et qui n'est que de l'inexpérience. Robert Patrick, en T-1000, marche très lentement dans des couloirs en faisant des poses, ce qu'on a applaudi comme une menace nouvelle.

Les effets spéciaux de morphing liquide ont été présentés comme un sommet technique à l'époque, et il est vrai qu'ils étaient remarquables pour 1991. Trente-cinq ans plus tard, ils ont l'air exactement de ce qu'ils sont : un effet visuel daté, qu'on revoit avec la tendresse qu'on a pour les coiffures du même millésime. La poursuite en motocyclette dans le canal de Los Angeles est un grand moment de cascade ; c'est aussi à peu près la seule scène du film qui n'est pas une variation sur le même schéma — quelqu'un court, le T-1000 le rattrape, le terminator gentil intervient. Pendant deux heures vingt.

Le film se présente comme une réflexion sur le déterminisme, le choix, la possibilité d'échapper à un destin programmé. La phrase 'No fate but what we make for ourselves' est gravée dans une table de pique-nique au couteau, ce qui est probablement le summum allégorique du film. Le Terminator gentil apprend à ne pas tuer, ce qui constitue le sommet de l'arc narratif d'un personnage qui jusque-là ne savait que tuer. Tout cela est articulé avec la subtilité d'un mode d'emploi de four à micro-ondes.

1991, c'est la guerre du Golfe, c'est la fin de l'URSS, c'est un monde géopolitique qui se reconfigure de manière inédite depuis 1945. Cameron, lui, demandait à son public de s'inquiéter pour un robot tueur venu du futur. Le décalage entre la sophistication de la nouvelle géopolitique et la simplicité conceptuelle du film est presque attendrissant.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Arnold Schwarzenegger aurait été dispensé de presque toutes ses lignes de dialogue à sa propre demande, ce qui aurait conduit le scénariste à transformer plusieurs phrases complètes en variations du même 'I'll be back', qu'il a utilisé deux fois dans le film en pensant que personne ne le remarquerait.