Affiche non disponible
The Substance
The Substance, en 2024, s'est immédiatement retrouvé classé dans la catégorie des oeuvres necessaires, ce qui est souvent le début d'un malentendu. Coralie Fargeat y met Demi Moore et Margaret Qualley dans un dispositif de duplication, de jeunesse toxique et de chair spectaculaire qui prétend parler de l'industrie du regard tout en la rejouant avec une gourmandise presque sadique. Le film est visuellement frappant, souvent inventif, et il sait exactement comment faire monter le malaise dans une matière de plus en plus corporelle. Mais à force de vouloir dénoncer la tyrannie de l'image tout en la servant avec autant d'enthousiasme, il finit parfois par ressembler à une affiche de révolte très séduisante. Moore prend le film à bras-le-corps avec une dureté admirable, et Qualley incarne à merveille la jeunesse comme menace esthétique. C'est efficace, puissant, et parfois trop content de sa propre violence symbolique. Le consensus y voit une bombe féministe. Je vois aussi une machine à concept qui adore l'excès qu'elle prétend condamner. 2024 a énormément récompensé ce genre d'objet qui sait à la fois choquer et être commenté en boucle. The Substance le sait trop bien, et c'est parfois ce qui le rend moins libre qu'il n'y paraît.
🎬 Le saviez-vous ?
Un flacon rose de substance aurait été retiré après avoir demandé un droit de regard sur la structure narrative du miroir.