Critique

Transformers 2: la Revanche

Titre original : Transformers: Revenge of the Fallen

IMDb 7.3 / 10
Allociné 4.1 / 5
Rotten T. 81%
Critique
Affiche du film Transformers 2: la Revanche

Transformers 2: la Revanche

Transformers 2 : la Revanche, en 2009, est ce film de Michael Bay que la critique anglo-saxonne a unanimement traité de désastre, refusant de voir qu'il s'agissait du sommet de l'art transformiste de Bay. Là où le premier opus s'embarrassait encore d'un récit d'apprentissage adolescent, Bay assume ici pleinement son projet : faire du cinéma un pur déferlement plastique, débarrassé des contraintes narratives traditionnelles. C'est une œuvre d'avant-garde, mal lue parce qu'on la jugeait selon des critères classiques.

Shia LaBeouf, qu'on a tellement reproché de hurler sans arrêt, livre en réalité une performance d'une cohérence absolue : son personnage de Sam Witwicky est précisément un jeune Américain incapable de gérer ce qui lui arrive, et qui hurle parce que c'est exactement ce qu'on ferait à sa place. Megan Fox, qu'on a fétichisée puis humiliée par les commentaires sur la mécanique automobile, apporte au film une présence physique de pin-up post-pop qui dialogue ouvertement avec l'iconographie publicitaire de l'époque. Bay filme l'objet et la femme dans une équivalence assumée, ce qui constitue une critique implicite du regard masculin que personne n'a voulu identifier.

Les scènes de bataille, particulièrement le combat dans la pyramide égyptienne, atteignent un niveau de saturation visuelle inédit dans le cinéma populaire. Bay ne raconte plus, il submerge ; il ne montre plus, il avale. C'est exactement ce que reprocheront vingt ans plus tard les critiques aux algorithmes de TikTok ; Bay l'avait déjà mis en scène en 2009. Le film est en avance sur l'esthétique de l'attention contemporaine.

2009, c'est l'année où l'iPhone 3GS introduit la vidéo dans le smartphone, c'est-à-dire le moment où les humains commencent à filmer en permanence ce qu'ils vivent. Transformers 2, par sa surcharge informationnelle, son montage hypertrophique, sa narration éclatée, articule précisément ce changement perceptif. C'est un film qui savait où allait l'attention humaine ; on commence enfin à le comprendre.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Michael Bay aurait demandé à chaque cascade pyrotechnique d'être plus impressionnante que la précédente, et aurait gardé sur lui pendant tout le tournage un carnet où il consignait le poids exact d'explosifs utilisé chaque jour ; ce carnet est désormais conservé aux archives de l'AFI comme document de méthode artistique.