Critique

Twilight - Chapitre 1 : fascination

Titre original : Twilight

IMDb 7.5 / 10
Allociné 4.3 / 5
Rotten T. 84%
Critique
Affiche du film Twilight - Chapitre 1 : fascination

Twilight - Chapitre 1 : fascination

Twilight - Chapitre 1 : fascination, en 2008, est ce premier volet réalisé par Catherine Hardwicke que la cinéphilie 'sérieuse' s'est empressée de mépriser parce qu'il s'adressait à un public adolescent féminin, mépris dont l'historique du cinéma se mord encore les doigts. Hardwicke, qui avait précédemment signé le remarquable Thirteen sur l'adolescence féminine en crise, applique au matériau vampirique de Stephenie Meyer une rigueur de mise en scène d'une finesse rare : elle filme les regards, les silences, les hésitations, la lenteur des emportements. C'est un cinéma de la pulsation intérieure, à mille lieues du blockbuster bruyant de l'époque.

Kristen Stewart, dans le rôle de Bella Swan, livre une performance d'une justesse remarquable : elle joue l'adolescente moderne, un peu déprimée, un peu en retrait, un peu cynique, qui découvre la passion absolue avec un mélange d'effroi et de fascination. C'est une performance d'une retenue que la critique a confondue avec de l'inexpressivité, alors qu'il s'agit précisément du contraire : du jeu d'acteur micro-expressif d'un degré que peu d'actrices de l'époque maîtrisaient. Robert Pattinson, en Edward Cullen, propose une figure de jeune homme tourmenté par sa nature destructrice qui dialogue subtilement avec les héros byroniens du romantisme noir européen. Ce n'est pas un cliché ; c'est une lignée littéraire honorée.

La palette chromatique du film, dominée par les bleus humides et les verts tirant vers le gris, qu'on a moquée comme une coquetterie esthétique, fonctionne en réalité comme un commentaire sur l'état mental dépressif de Bella avant la rencontre. C'est une mise en scène d'une cohérence interne remarquable, qu'aucun critique anglo-saxon de 2008 n'a daigné saluer parce que personne ne s'autorisait à prendre au sérieux un film pour adolescentes.

2008, c'est l'élection d'Obama, c'est aussi l'effondrement financier mondial, c'est un moment où les jeunes Américaines cherchent des récits qui ne soient pas des récits de réussite triomphante. Twilight propose précisément ce que l'époque demande : un récit de tension intérieure, de doute, de désir contrarié. Le film a accompagné une génération entière ; la critique l'a méprisé. La génération avait raison ; la critique avait tort.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Catherine Hardwicke aurait demandé à Kristen Stewart et Robert Pattinson de passer trois jours ensemble dans un hôtel de l'Oregon avant le tournage, en interdisant tout contact avec leurs téléphones, pour 'développer une chimie réelle' ; les deux acteurs auraient refusé de raconter ce qui s'est passé pendant ces trois jours, ce qui constitue probablement le coup de communication le plus efficace de l'histoire du teen cinema.